Dans le secteur du bâtiment, le recours à des sous-traitants est une pratique courante pour absorber un surplus d'activité ou pour solliciter une compétence spécifique. En tant qu’entrepreneur, cette organisation triangulaire avec votre client et vos sous-traitants peut s’avérer complexe sur certains aspects juridiques. En effet, en cas de malfaçon survenant dans les dix ans suivant la réception des travaux, la couverture offerte par la garantie décennale paraît souvent floue.
Quelles sont les responsabilités des uns et des autres ? Qui est vraiment protégé par l’assurance décennale ?
Quelles sont les responsabilités de l'entreprise principale vis-à-vis du client ?
En tant qu’entrepreneur principal, vous êtes le seul lié contractuellement au maître d'ouvrage. Cette position vous confère une responsabilité totale sur l'ensemble des travaux, y compris ceux délégués à des partenaires externes. En termes plus simples, vous également responsables des travaux effectués par vos sous-traitants.
Pour sécuriser votre activité, protégez vos chantiers avec l'assurance décennale afin de garantir une prise en charge efficace si un défaut de construction apparaît. En cas de sinistre ou de défaut, votre assureur intervient en premier lieu pour indemniser le client, quitte à se retourner ensuite contre le sous-traitant fautif.
L'obligation de résultat envers le maître d'ouvrage
Sur un chantier, l'entreprise principale est tenue à une obligation de résultat. Si une infiltration d'eau survient à cause d'une toiture mal posée par un sous-traitant, le client se retourne contre l'entreprise signataire du devis. Vous ne pouvez donc pas invoquer la faute de votre partenaire pour vous dégager de vos obligations vis-à-vis du propriétaire.
Cette responsabilité demeure entière même si le sous-traitant vient à déposer le bilan. Votre entreprise reste alors l’unique garante légale des réparations.
Le contrôle des travaux délégués
Le donneur d'ordre possède un devoir de surveillance technique permanent sur le chantier. Toute négligence de contrôle des travaux effectués sous votre nom constitue une faute professionnelle lourde. Vous devez procéder à une vérification régulière des étapes clés de la construction pour détecter toute non-conformité avant la livraison finale.
Cette vigilance limite les risques de sinistres futurs et protège votre réputation auprès des maîtres d'ouvrage ; ces derniers n’ayant aucun lien juridique avec vos sous-traitants.
Le statut particulier du sous-traitant face à la loi Spinetta
Contrairement à l'entreprise principale, le sous-traitant n'a pas de lien direct avec le client final. Cette absence de contrat avec le maître d'ouvrage modifie la nature de sa responsabilité juridique en cas de désordre important.
Une responsabilité contractuelle de droit commun
Puisqu'il ne signe rien avec le client, le sous-traitant n'est pas assujetti à la garantie décennale au sens strict de la loi de 1978. Cependant, il reste responsable pendant dix ans envers l'entreprise principale qui l'emploie.
En cas de malfaçon, le donneur d'ordre peut engager un recours pour obtenir le remboursement des sommes versées au client. La justice considère que le sous-traitant doit livrer un ouvrage exemplaire à son donneur d'ordre, car chaque professionnel doit posséder son propre contrat pour couvrir ses interventions spécifiques.
L'exigence d'une couverture équivalente
Bien que la loi ne l'y oblige pas directement vis-à-vis du client, le sous-traitant doit impérativement souscrire une assurance couvrant sa responsabilité. En tant qu’entreprise principale, vous devez impérativement, avant toute délégation, exiger de chacun de vos sous-traitants, une attestation d'assurance. Il est également important de vérifier que l'activité confiée figure bien parmi les métiers garantis.
Les clauses de contrat de sous-traitance imposent d'ailleurs la présentation d'un document en cours de validité avant tout début d'intervention. Sans cette protection, en cas de sinistre majeur, vous pouvez être tenu au remboursement de chantiers entiers sur fonds propres.

