COVID-19 et les petites et moyennes entreprises européennes : Comment affronter la tempête ?

Le Secteur Logistique Largement Impacté Par Le Covid 19

Les petites et moyennes entreprises sont le moteur de l'économie européenne.

Les petites et moyennes entreprises (PME) restent un poumon de l'économie européenne, représentant plus des deux tiers de la main-d'œuvre et plus de la moitié de la valeur économique ajoutée. Pourtant, les résultats d'une récente enquête, menée en août 2020, auprès de plus de 2 200 PME dans cinq pays européens, France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni, montrent à quel point leur prospérité et leur croissance ont été fragilisées suite à la crise du COVID-19.

Conséquences économiques de la pandémie sur les PME européennes

70 % des PME interrogées ont déclaré que leurs revenus ont diminué en raison de la pandémie, ce qui a eu de graves répercussions :

1. 1 entreprise sur 5 craint de ne pas pouvoir rembourser ses emprunts et de devoir licencier des employés,

2. 28 % des entreprises craignaient de devoir annuler des projets de croissance.

3. Au total, plus de la moitié des personnes interrogées pensaient que leur entreprise risquait de ne pas survivre plus de 12 mois, et ce malgré le fait que 20 % d'entre elles avaient déjà profité des diverses formes d'aide gouvernementale destinée à atténuer leur détresse financière et autres allègements fiscaux.

Il y a d’importantes disparités entre les PME en fonction de leur activité, alors que certains secteurs sont durablement touchés et prennent de plein fouet les conséquences de la crise, d’autres secteurs qui ont parié sur le leasing automobile s’en sortent bien mieux, et affichent une croissance très respectable au regard de l’économie européenne.

Baisse des revenus et perspectives sombres

La grande majorité des PME interrogées ont vu leurs revenus diminuer, même si, comme on pouvait s'y attendre, le tableau diffère selon les pays, reflétant la sévérité des mesures de lutte contre le virus et leur impact sur l'activité commerciale. Les PME italiennes et espagnoles ont été les plus durement touchées : 30 % et 33 %, respectivement, ont déclaré que leurs revenus avaient fortement diminué. Ce chiffre est à comparer aux 23 % enregistrés en Allemagne ou encore aux 27% déclarés par la France.

La grande majorité des PME européennes annoncent une baisse de revenus significatifs consécutifs à la crise de la Covid-19.

Perspectives économiques à court et moyen terme

Compte tenu de leur opinion sur l'état de l'économie, peu de PME semblent optimistes quant aux perspectives d'amélioration à court terme. Dans l'ensemble, 80 % d'entre elles jugent l'économie assez faible ou extrêmement faible. Mais ici aussi, nous constatons des variations importantes d'un pays à l'autre. En Allemagne, 39 % des PME jugent l'économie plutôt forte à extrêmement forte. En comparaison, en Italie, ce chiffre n'est que de 10 %. La France se situe à mi-chemin avec 20% des PME qui estiment l’économie encore assez forte.

4 PME européennes sur 5 estiment que la Covid-19 a affaibli l’économie européenne.

La situation économique des PME européennes

On observe également des différences entre les pays quant à la mesure dans laquelle la pandémie a un impact sur la situation financière des PME, remettant en cause la capacité à conserver le personnel ou à payer les prêts et les baux.

Par exemple, les PME espagnoles voient rouge : 30 % des PME espagnoles s'inquiètent de leur capacité à rembourser leurs prêts, contre 14 % en Allemagne.

De même, 38 % des PME espagnoles craignaient de ne pas être en mesure de conserver leurs employés, un chiffre qui n'est que de 16 % en Allemagne et en France.

Il convient également de noter qu'en moyenne, dans toute l'Europe, 14 % des PME ont déclaré avoir du mal à recruter du personnel, notamment en raison du nombre élevé de personnes en congé de maladie ou en quarantaine.

En moyenne 1 PME européenne sur 5 estime avoir des difficultés financières assez sérieuses et redoute de devoir initier une nouvelle vague de licenciements.

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Une croissance menacée

Les projets de croissance sont également menacés. Dans l'ensemble, 28 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles craignaient de devoir les reporter, mais ce chiffre atteint 37 % pour les PME espagnoles et 27 % pour les PME françaises. Les secteurs les plus touchés sont l'hébergement, la restauration, les arts, le divertissement et les loisirs, selon l'enquête. Près de 40 % des PME de ces secteurs ont déclaré que des projets pourraient devoir être mis en attente, contre 20 % des PME des secteurs situés à l'autre extrémité de l'échelle, à savoir la santé, l'agriculture et la construction.

En Europe 3 PME sur 10 déclarent qu’elles craignent devoir repousser leurs projets de croissance à court/moyen terme.

La survie des PME européennes

Dans l'ensemble, 11 % des PME interrogées ont déclaré s’attendre à déposer le bilan dans les six mois. L'inquiétude était la plus forte parmi les plus grandes entreprises (celles comptant entre 50 et 249 employés) en Italie et en France, où 21 %, soit près du double de la moyenne, s'attendaient à déposer le bilan dans les six prochains mois.

En comparaison, les entreprises individuelles espagnoles étaient les plus préoccupées, 19 % d'entre elles prévoyant une faillite imminente, contre seulement 6 % des entreprises de 50 à 249 salariés. Parmi les secteurs industriels, la logistique est de loin le secteur où le nombre de faillites attendues est le plus élevé (22 %). L'agriculture, l'hébergement, les services alimentaires, le commerce de détail et le commerce de gros suivent, mais à un taux considérablement plus faible (13-15%).

La tendance annoncée estime qu’environ 1 PME sur 10 en Europe risque de déposer le bilan dans les 6 mois.

Soutien des gouvernements

Le nombre de PME qui ne survivront pas à la crise sanitaire actuelle dépendra en grande partie de l'évolution incertaine de la pandémie et de son impact sur les revenus des entreprises. Les participants à l'enquête ont été aussi questionnés sur la manière dont leur entreprise se comporterait dans trois scénarios différents, où les revenus resteraient stables, diminueraient ou augmenteraient.

Les résultats sont les suivants :

1. Si les revenus devaient rester stables, 55 % des PME craignent de devoir fermer d'ici septembre 2021.

2. Si la situation devait se détériorer et que les revenus diminuaient encore de 10 à 30 %, 77 % des PME déclarent qu'elles pourraient cesser leurs activités d'ici septembre 2021.

3. Si la situation devait s'améliorer et que les revenus augmentaient de 10 à 30 %, 39 % des PME ont déclaré qu'elles pourraient néanmoins cesser leurs activités d'ici septembre 2021.

Ces scénarios pourraient être influencés par la mesure dans laquelle les PME continuent à recevoir des aides publiques. Les gouvernements de l'Union européenne ont déjà introduit des mesures visant principalement à fournir aux PME des liquidités pour leur permettre de faire face à la crise immédiate, mais l'OCDE signale aujourd'hui que les politiques commencent à passer de l'aide à la survie des PME à l'aide à la reprise.

Pourtant, les données de l'enquête montrent qu'une grande partie des PME prévoient toujours de demander les mesures de soutien des liquidités proposées. Là encore, il existe des différences importantes entre les grandes économies de l'UE : en France et en Italie, plus de 35 % des PME prévoyaient encore de faire une demande, tandis qu'au Royaume-Uni et en Allemagne, ce chiffre s'élevait à 20 % et 25 %, respectivement.

20% des PME européennes ont déjà fait appel à une aide de l’état, et 30% supplémentaires prévoient de le faire.

Les différents gouvernements européens adopteront des approches différentes pour soutenir leurs PME. L'étendue de leur soutien sera également différente, et dépendra en grande partie des conditions du marché local. Mais l'enquête souligne la nécessité de prendre en compte à la fois la survie immédiate des PME et leur force à plus long terme. Des recherches ont montré que, dans le monde entier, la productivité des PME est bien inférieure à celle des grandes entreprises. Lorsque la crise s'estompera, les gouvernements pourraient donc choisir d'aider les PME à renforcer leur résilience, par exemple en les aidant à se développer vers de nouveaux marchés ou à se numériser plus rapidement. Les PME ont le potentiel de continuer à représenter un moteur de l'économie et de l'emploi après la crise, mais les réponses des différents gouvernements seront déterminantes pour les soutenir.

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