Journées du Patrimoine. Les secrets de la Tour Tanguy

devenir propriétaire sans apport

La Tour Tanguy est un bâtiment emblématique de recouvrance, qui a d’énormes secrets. On ne finit jamais d’apprendre des nouvelles choses sur cette mythique Tour, qui reste la plus visitée de la ville, lors des événements d’envergure.

L’historien médiéval Yves Coativy avait annoncé dans l’introduction du dernier hors-série des cahiers de l’Iroise que « L’importance(…) d’un monument n’est pas toujours synonyme de longues publications érudites ». Cette parution est consacrée à la Tour Tanguy. Dans son édito avant développement, l’historien a été curieux de constater que  rien n’était inscrit sur le musée, encore moins sur le bâtiment qui l’abrite.

Une « fortification sommaire » a été d’abord évoquée par l’historien dans son article. Il a indiqué qu’avant la construction, cette « fortification sommaire » était située sur la Motte-Tanguy. C’était dans les années 1380, d’une bastide en dur. Malgré les nombreuses tentatives du Duc Guesclin pour les en déloger, le château de Brest était occupé par les Anglais. Coativy poursuit en disant que  « deux bastilles » ont été édifiées de part et d’autres de la Penfeld, par Jean IV de Bretagne, afin de bloquer l’accès au château. Il a indiqué c’est un «  édifice particulièrement massif et flanqué de sept ou huit tours qui se trouvaient, là où se situe la Tour aujourd’hui. Le vice-président de la Société d’Etude de Brest et du Léon (éditrice des Cahiers de l’Iroise) a annoncé quant à lui que cet élément est  resté méconnu de tous jusqu’à présent.

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Une ruine durant plusieurs siècles

L’historien a ensuite poursuivi que l’histoire de la tour a été « fragmentaire », il a précisé qu’elle a « perdu sa qualité militaire » après 1491. Il a aussi cité  Kernévez, qui avait écrit en 1686 dans son ouvrage « Les fortifications médiévales du Finistère », « le château de la motte Tanguy (est) tout ruiné » et qu’il n’y a plus qu’une vielle tour ruinée.

Le dessinateur Patrice Pellerin dans « l’Epervier », a fait un plan de Brest de 1762, qui montrait le « quartier de la Motte-Tanguy », qui n’avait plus que quelques vielles tours encore debout. Yves Coativy a rappelé que cet édifice en ruine a été vendu par Rohan-Guéméné au roi en 1786. « Les aristocrates n’ont plus besoin de symbole militaire pour prouver leur puissance »

Un « puzzle » incomplet

Un certain François Cabon rachète, en 1807, ce qui ne restera plus qu’une « plateforme de 3,5 m de haut ». Il a « démembré les restes » et a fini par céder le tout à l’architecte et conseiller municipal Victor Eloi Barillé. Le nouveau propriétaire l’a transformé en habitation et l’a couvert d’un toit à facettes pointu. Cette Tour est devenue la propriété de D’Thielemans, avant la seconde Guerre mondiale. Il sera d’ailleurs le dernier occupant de la bâtisse en tant que civil, un chapitre lui a été consacré par les Cahiers également. Il se faisait appelé, « le docteur des pauvres », parce qu’il avait trouvé une façon de faire rentrer les patients par un « curieux escalier extérieur », en 1994, jusqu’à l’incendie de la Tour.

Cette Tour a été sommairement rénovée, parce que rachetée par la ville en 1954. En 1959 le peintre Jim-Eugène Sévellec  a été chargé d’annoncer dans la Tour l’histoire de la ville. Cette histoire, on le rappelle ne reste plus que peu de vestige. Ces « dioramas » étant toujours visibles. On retient en définitive, que plusieurs pièces du puzzle manquent et que beaucoup d’éléments ne puissent être apportés en plus, parce qu’il n’y a rien d’existant qui renseigne sur le passé, selon l’historien Coativy.