Le sevrage tabagique : un enjeu encore plus décisif en temps de pandémie

Sevrage Tabac

Le tabagisme est la première cause de maladie, d'invalidité et de décès évitables dans une grande partie des pays de l’OCDE. Cette statistique qui donne à réfléchir est connue de tous… il n’est donc pas surprenant qu’environ deux tiers des fumeurs de ces pays cherchent à arrêter le tabac. Pendant la pandémie du COVID-19, il est encore plus important d'arrêter de fumer car le tabagisme réduit la capacité pulmonaire et augmente le risque de nombreuses infections respiratoires. Mais que peuvent faire les médecins pour aider leurs patients à arrêter de fumer ?

Le tabagisme à l’ère du COVID-19

Il y a eu plus de 20 études qui ont examiné le lien entre le statut tabagique et les complications du COVID-19. Que vous mesuriez les résultats en termes de décès ou en utilisant un indice de gravité, comme le fait d'aller aux soins intensifs ou d'être intubé, le tabagisme a entraîné une augmentation statistiquement significative des mauvais pronostics dans 80% des cas. Tout ce que nous savons sur les effets du tabagisme (un risque accru d'infections des voies respiratoires supérieures et inférieures) suggère un risque substantiel d'infections et de complications liées au COVID-19. Voici ce que les médecins et les autres professionnels de santé doivent faire pour amener leurs patients à envisager sérieusement le sevrage tabagique dans les meilleurs délais.

Engager la conversation pour atteindre le patient

Le médecin, en tant que garant de la santé de son patient, est en première ligne dans la lutte contre le tabagisme, à fortiori en ces temps de pandémie. Le dossier médical du patient étant maîtrisé par son médecin, il appartient à ce dernier de trouver les mots, sans déformer la réalité, pour inciter son patient à s’engager dans la voie du sevrage tabagique. Certains logiciels permettent de « calculer » le meilleur protocole de sevrage tabagique en fonction du dossier médical du patient.

Reconnaître que la dépendance à la nicotine est puissante

Plus de la moitié des fumeurs qui essaient d’arrêter de fumer de leur propre chef échouent. Le rôle du médecin et du professionnel de santé est donc décisif en la matière. Le patient et son médecin doivent s’accorder sur le fait que la dépendance à la nicotine est puissante et qu’elle nécessite à la fois des conseils avisés, une certaine motivation et des médicaments et/ou des alternatives moins nocives dans une optique de transition. La cigarette électronique peut jouer ce rôle, pour peu qu’elle soit utilisée dans un cadre médical avec un protocole de diminution progressive de la dose de nicotine dans le temps. Les cigarettes électroniques Vaporesso, par exemple, permettent l’utilisation d’un e-liquide sans nicotine.

Deux personnes sur trois essaient d'arrêter de fumer « brusquement »

Plus de 60 % des adultes des pays de l’OCDE ayant déjà fumé des cigarettes ont arrêté. Mais parmi ceux qui fument encore, plus des deux tiers tentent d’arrêter avec un sevrage brusque qui se traduit par des effets secondaires assez violents, avant d’échouer. Le fait de vouloir arrêter de fumer de son propre chef témoigne d’une belle motivation… qui doit être canalisée par le médecin pour augmenter les chances de réussite du sevrage.

Il existe des disparités en matière de sevrage tabagique. Nous avons connu des baisses historiques du tabagisme, mais de nombreux groupes sont laissés pour compte. On a constaté que le taux de tabagisme était le plus élevé dans la communauté LGBTQ, les personnes souffrant de troubles mentaux et les classes sociales les moins aisées. En somme, le tabagisme que l’on qualifiera de « long-termiste » touche surtout des sous-populations fragiles qui ont d’autres priorités… reléguant le sevrage tabagique en bas de la liste.

Expliquer comment l'arrêt du tabac améliore la santé

L'arrêt du tabac réduit le risque de développement de nombreuses maladies chroniques, à la tête desquelles le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies pulmonaires obstructives. L'arrêt du tabac doit être discuté avec chaque patient fumeur, quel que soit le motif de sa visite chez le médecin. Ce dernier pourra, le cas échéant, faire le lien entre le tabagisme et l’état de santé du patient.