Depuis le Brexit, partir au Royaume-Uni exige un peu plus d'anticipation qu'avant. Deux points pratiques méritent d'être bien préparés avant de traverser la Manche : l'obtention d'une autorisation de voyage électronique obligatoire depuis avril 2025, et la question du règlement sur place, où la carte bancaire règne en maître et où le cash est devenu presque inutile.
L'ETA, première étape avant tout départ
L'ETA (Electronic Travel Authorisation, ou autorisation électronique de voyage) est obligatoire pour tous les ressortissants français depuis le 2 avril 2025. Elle s'applique quel que soit le mode de transport : avion bien sûr, mais aussi Eurostar, ferry Calais-Douvres ou navette Eurotunnel. Beaucoup de voyageurs ignorent encore ce dernier point — la vérification a lieu dès l'enregistrement à Paris-Nord, Lille-Europe ou dans le port.
L'ETA fonctionne sur le même principe que l'ESTA américain : il s'agit d'un visa numérique de courte durée, lié électroniquement au passeport, qui autorise des séjours ne dépassant pas six mois. Elle est valable deux ans à compter de son obtention, ou jusqu'à l'expiration du passeport si celle-ci intervient avant. Un renouvellement de passeport implique de faire une nouvelle demande.
Comment faire la demande
La démarche se fait exclusivement en ligne, via le site officiel du gouvernement britannique (gov.uk) ou l'application mobile dédiée « UK ETA », disponible sur iOS et Android. Il est conseillé de passer par l'application, qui facilite la vérification de l'autorisation lors du voyage. Le formulaire est en anglais ; il demande les informations du passeport biométrique, une photo d'identité numérique récente et quelques questions de sécurité sur les antécédents judiciaires et les précédents séjours.
La plupart des demandes sont traitées en quelques heures ; le délai officiel maximum est de trois jours ouvrés. Il est recommandé de ne pas attendre le dernier moment et de déposer la demande au moins une semaine avant le départ, pour parer à tout éventuel délai ou demande de complément.
Attention aux sites tiers qui proposent d'effectuer la démarche moyennant des frais élevés (parfois plus de 80 €) : seul le site gov.uk fait autorité. Le tarif officiel est de 20 £ (environ 23-24 €) depuis le 8 avril 2026. Toute plateforme affichant un autre prix pour la demande elle-même est à éviter.
La carte bancaire, seul outil vraiment nécessaire sur place
Une fois l'ETA en poche, la question du règlement sur place se pose. Le Royaume-Uni est l'un des pays d'Europe où le paiement sans contact est le plus ancré dans les habitudes. Dans les boutiques, restaurants, musées, transports et même marchés, la carte suffit presque partout. De nombreux établissements londoniens affichent « card only » et n'acceptent plus d'espèces du tout. Emmener des livres sterling en cash reste une option de tranquillité d'esprit, mais certainement pas une nécessité.
Les cartes Visa et Mastercard internationales sont acceptées sans difficulté ; American Express l'est un peu moins systématiquement dans les petits commerces indépendants.
Les frais bancaires à l'étranger : un coût souvent sous-estimé
La livre sterling n'est pas l'euro, et chaque transaction dans une devise étrangère génère des frais avec une carte classique de banque traditionnelle. En moyenne, les frais sur les paiements atteignent 2,5 % du montant plus 0,30 € de commission fixe par opération ; sur les retraits, on monte à 2,4 % plus 3,10 € fixes. Sur un séjour impliquant 1 000 € de dépenses, la facture de frais bancaires dépasse en moyenne 42 €.
À ces commissions s'ajoute le piège de la conversion dynamique de devises (DCC) : lorsqu'un terminal propose de payer directement en euros, il vaut mieux refuser et choisir de régler en livres sterling. Le taux appliqué par les réseaux Visa ou Mastercard est généralement plus favorable que celui proposé par le commerçant.
Les cartes sans frais : Revolut, Trade Republic et alternatives
Pour éviter ces surcoûts, plusieurs solutions existent, notamment parmi les néobanques et les banques en ligne françaises.
Revolut (offre Standard, gratuite) permet de payer en devises sans frais, avec une compatibilité totale avec Apple Pay et Google Pay. Les retraits gratuits sont plafonnés à 200 £ par mois ; au-delà, une commission de 2 % s'applique. Un léger surcoût (0,5 % à 2 %) est à noter sur les transactions du week-end selon les devises.
Trade Republic propose une carte sans frais à l'étranger sur les paiements, accessible sans condition de revenus, avec des retraits gratuits dès 100 €. Boursobank (carte Ultim) et Fortuneo (carte Fosfo ou Gold) figurent également parmi les meilleures options pour les voyageurs hors zone euro, avec des offres gratuites ou peu coûteuses. Ces cartes permettent de couvrir l'ensemble du séjour sans surcoût, y compris pour les nombreux petits paiements quotidiens.
Note pratique : les néobanques comme Revolut disposent d'une licence étrangère ; la garantie des dépôts relève alors du système de leur pays d'établissement et non du fonds français. Il est donc préférable d'y placer uniquement le budget du voyage, sans y domicilier ses économies.
Métro et trains londoniens : la carte, clé universelle des transports
Le réseau TfL (Transport for London) accepte directement les cartes bancaires sans contact sur ses portiques et bornes. Pas besoin d'acheter un titre de transport, de recharger une Oyster Card ou de passer en caisse : il suffit de poser sa carte — ou son téléphone via Apple Pay ou Google Pay — sur le lecteur jaune à l'entrée et à la sortie de chaque station de métro, d'Overground, de DLR ou d'Elizabeth line. Pour le bus, une seule validation à l'entrée suffit.
Le système applique automatiquement un plafonnement journalier : en zones 1 et 2, qui couvrent l'essentiel de Londres touristique, ce plafond est fixé à £8,90. Un plafond hebdomadaire (du lundi au dimanche) s'applique également, ce qui rend le sans contact particulièrement avantageux pour un séjour de plusieurs jours. Le tarif bus à l'unité est de £1,75, avec un « Hopper Fare » permettant des correspondances illimitées pendant une heure pour ce même prix.
Le revers : si la carte bancaire utilisée applique des frais de transaction internationale, chaque validation en génère un. Sur cinq trajets par jour pendant une semaine, cela représente autant de petites commissions qui s'accumulent. Utiliser une carte sans frais à l'étranger (Revolut, Trade Republic, Boursobank Ultim…) pour les transports londoniens est donc particulièrement judicieux.
Questions fréquentes
L'ETA est-elle obligatoire pour un court séjour ou un transit ?
Oui, l'ETA est obligatoire dès lors qu'on entre sur le territoire britannique, quelle que soit la durée du séjour. Elle concerne également les enfants et les nourrissons. Seuls les ressortissants britanniques et irlandais, ainsi que les titulaires d'un visa britannique en cours de validité, en sont exemptés.
Peut-on faire la demande d'ETA le jour du départ ?
Techniquement oui, si la demande est approuvée rapidement — beaucoup le sont en quelques heures. Mais le délai officiel est de trois jours ouvrés, et un dossier incomplet ou une photo non conforme peut allonger ce délai. Il est fortement conseillé de déposer la demande au moins une semaine avant le départ pour ne pas risquer de se voir refuser l'embarquement.
Faut-il emporter des livres sterling en espèces ?
Non, dans la grande majorité des situations. Le Royaume-Uni fonctionne très largement en mode « card only », y compris dans de nombreux pubs et petits commerces. Quelques billets peuvent rassurer pour d'éventuels marchés ou pourboires, mais une carte suffira pour l'essentiel d'un séjour touristique ou professionnel.
Ma carte Visa classique génère-t-elle des frais dans le métro londonien ?
Oui. Chaque validation sur le réseau TfL avec une carte en euros entraîne une conversion en livres sterling, donc des frais de transaction si votre banque en applique. Sur plusieurs trajets par jour, ces frais peuvent représenter quelques euros supplémentaires par semaine. C'est l'une des bonnes raisons de prévoir une carte sans frais à l'étranger pour les transports.
L'ETA est-elle valable si je renouvelle mon passeport avant mon prochain voyage ?
Non. L'ETA est liée au numéro du passeport fourni lors de la demande. Tout changement de passeport — renouvellement, perte, vol — nécessite d'effectuer une nouvelle demande avant de partir.
Revolut ou carte bancaire classique : laquelle choisir pour le Royaume-Uni ?
Pour un séjour de quelques jours, une carte sans frais à l'étranger (Revolut, Trade Republic, Boursobank Ultim, Fortuneo Fosfo) est nettement plus économique qu'une carte classique de banque traditionnelle. Les frais d'une carte classique peuvent atteindre plusieurs dizaines d'euros sur un séjour d'une semaine, quand ces alternatives les suppriment quasi intégralement.

