Entré en vigueur en janvier 2008, le système de bonus-malus écologique vise à orienter les achats automobiles vers des véhicules moins polluants. Son principe repose sur deux leviers opposés : récompenser l'achat d'un véhicule propre via une aide financière ; pénaliser fiscalement les modèles les plus émetteurs. En 2026, ce dispositif franchit un nouveau palier avec des seuils encore abaissés et des montants en nette hausse des deux côtés du spectre. Le résultat est sans appel : 72 % des voitures neuves vendues en France sont désormais soumises à une taxe à l'immatriculation, selon une étude du cabinet Dataneo.
Le malus CO2 : une grille progressive dès 108 g/km
Seuil de déclenchement abaissé
Depuis le 1er janvier 2026, le malus CO2 s'applique dès qu'un véhicule émet 108 g/km de CO2 selon la norme WLTP, contre 113 g/km en 2025. Cette descente de cinq grammes supplémentaires fait basculer dans la zone taxée des modèles jusqu'alors épargnés, y compris certaines citadines compactes. La nouvelle Renault Clio 6, par exemple, affiche 114 g/km dans sa version d'entrée de gamme et écope ainsi d'un malus de 190 €. La Peugeot 208 essence de base, à 118 g/km, passe de 170 € en 2025 à 260 € en 2026.
Un plafond porté à 80 000 €
À l'autre extrémité du barème, le montant maximal atteint désormais 80 000 € pour les véhicules émettant 192 g/km ou plus, soit 10 000 € de plus qu'en 2025. La trajectoire est déjà connue pour les années suivantes : 90 000 € en 2027 et 100 000 € en 2028. La grille est progressive entre ces deux bornes, chaque palier de CO2 supplémentaire entraînant une majoration croissante. À titre d'exemple, un modèle émettant 140 g/km subit un malus de 2 205 €, contre 1 504 € l'année précédente. Le taux d'émission figure à la rubrique V.7 de la carte grise ou est consultable via le service Car Labelling de l'ADEME avant tout achat.
Le malus CO2 est dû à la première immatriculation du véhicule en France. C'est le concessionnaire qui l'intègre directement dans le calcul de la carte grise. Pour les véhicules importés déjà immatriculés à l'étranger, c'est la date de leur première immatriculation d'origine qui détermine quel barème s'applique : un modèle mis en circulation en 2025 reste soumis à la grille 2025, même si son immatriculation française intervient en 2026.
Le malus au poids : une deuxième taxe dès 1 500 kg
Depuis 2022, une taxe sur la masse en ordre de marche (TMOM) s'ajoute au malus CO2 pour les véhicules dépassant un certain poids. En 2026, ce seuil a été abaissé de 1 600 à 1 500 kg, élargissant encore le périmètre des modèles concernés. Le barème est progressif par tranches : 10 € par kilogramme excédentaire entre 1 500 et 1 699 kg ; 15 € au-delà. Un SUV familial de 1 780 kg, par exemple, se voit taxer 280 kg, soit 2 000 € pour les 200 premiers kilogrammes et 1 200 € pour les 80 suivants, pour un total de 3 200 € de malus masse.
Les deux taxes sont cumulables lors de l'immatriculation, mais leur montant total est plafonné à 80 000 €. Ce plafond de cumul pourrait être supprimé à l'horizon 2028, ce qui ouvrirait la voie à des facturations potentiellement bien supérieures pour les véhicules les plus lourds et les plus émetteurs.
Les exonérations et abattements prévus
Plusieurs situations ouvrent droit à une réduction ou à une exemption totale. Les véhicules 100 % électriques et à hydrogène sont entièrement exonérés des deux taxes. Les hybrides rechargeables dont l'autonomie électrique en ville dépasse 50 km bénéficient d'un abattement de 100 kg pour le calcul du malus masse. Les véhicules équipés pour rouler au superéthanol E85 bénéficient d'un abattement de 40 % sur leurs émissions de CO2 déclarées, à condition que celles-ci n'excèdent pas 250 g/km d'origine.
Du côté des situations personnelles, les personnes en situation de handicap titulaires d'une carte mobilité inclusion (mention invalidité) ou d'une carte d'invalidité militaire sont exonérées des deux malus. Il en va de même pour les familles ayant trois enfants ou plus à charge, qui bénéficient d'un abattement de 20 g/km par enfant sur le calcul du CO2. Enfin, les véhicules de collection immatriculés pour la première fois avant le 1er janvier 2015 sont totalement exonérés de malus à l'importation.
Le bonus pour les véhicules électriques : jusqu'à 7 700 € pour les ménages modestes
Du côté des incitations, le bonus à l'achat d'un véhicule électrique a été profondément refondu depuis juillet 2025. Il n'est plus financé directement par l'État mais par le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE), via une prime dite « coup de pouce véhicules particuliers électriques ». Pour l'acheteur, le mécanisme reste identique : la prime est déduite directement par le concessionnaire au moment de l'achat.
Les montants 2026 ont été revalorisés et varient selon le revenu fiscal de référence par part : 5 700 € pour les ménages en situation de précarité énergétique (RFR par part inférieur à environ 16 300 €) ; 4 700 € pour les ménages modestes ; 3 500 € pour les autres foyers. Un surbonus de 1 200 à 2 000 € s'ajoute pour les véhicules dont la batterie est fabriquée en Europe, portant l'aide maximale à 7 700 € pour les ménages les plus modestes. Le véhicule doit être 100 % électrique, neuf, d'un prix inférieur à 47 000 € TTC et d'un poids inférieur à 2,4 tonnes. Il doit également obtenir un score environnemental ADEME d'au moins 60 points, ce qui exclut de facto la plupart des modèles produits hors d'Europe, comme la Dacia Spring ou certaines Tesla assemblées à Shanghai.
Questions fréquentes
Les voitures d'occasion sont-elles soumises au malus en 2026 ?
Non. Le malus CO2 et le malus au poids ne sont dus qu'une seule fois, à la première immatriculation du véhicule en France. L'achat d'une occasion déjà immatriculée sur le territoire n'entraîne aucune taxation supplémentaire, quel que soit le niveau d'émissions du modèle. Seuls les véhicules importés de l'étranger et immatriculés pour la première fois en France sont concernés.
Comment savoir à combien s'élève le malus de ma future voiture ?
Le taux de CO2 d'un véhicule neuf figure sur sa fiche technique et sera inscrit à la rubrique V.7 de la carte grise. Avant l'achat, le service Car Labelling de l'ADEME (disponible en ligne) permet de saisir la marque, le modèle et la motorisation pour obtenir le niveau d'émissions exact, puis de le reporter dans le simulateur officiel disponible sur le site du ministère de l'Économie pour connaître le montant précis du malus.
Le malus s'applique-t-il aussi en cas de leasing ou de LOA ?
Oui. La taxe est due dès la première immatriculation, que le véhicule soit acheté comptant, financé à crédit, loué en LOA ou en LLD. C'est généralement le concessionnaire ou la société de financement qui acquitte le malus et l'intègre dans le coût global du contrat, parfois sous forme de loyer majoré ou de premier versement augmenté.
Les hybrides rechargeables bénéficient-ils du bonus électrique ?
Non. Depuis le basculement vers le dispositif CEE en juillet 2025, seuls les véhicules 100 % électriques neufs sont éligibles à la prime. Les hybrides rechargeables, même avec une longue autonomie électrique, en sont exclus. En revanche, ils peuvent bénéficier d'un abattement de 100 kg pour le calcul du malus au poids si leur autonomie électrique en ville dépasse 50 km.
Peut-on cumuler le bonus avec d'autres aides en 2026 ?
Oui, dans certains cas. La prime CEE nationale est cumulable avec les aides régionales et métropolitaines, qui peuvent atteindre 6 000 € en Île-de-France pour les foyers éligibles. Le leasing social, reconduit en 2026 pour 50 000 dossiers, propose des loyers à partir de 82 € par mois mais n'est pas cumulable avec la prime CEE. Il convient de vérifier les conditions propres à chaque dispositif local avant de signer un bon de commande.
